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Les patrons doivent-ils vraiment bloguer ?
septembre 24, 2006, 5:24
Filed under: communication, Influence, interactive, Web

C’est une question qui nous est souvent posée par nos clients et à laquelle Business Week tente d’apporter son éclairage cette semaine en disant que cela dépend d’eux :

« Pour les PDG, je ne pense qu’il s’agisse d’une question de devoir ou de ne pas devoir bloguer. Il s’agit simplement d’un outil à leur disposition s’ils le souhaitent. La façon dont ils s’en servent dépend d’eux. Certains ne postent peut-être que 2 fois par mois. Et ça va. Peut-être a-t’elle [ndla : apparemment, Stephen Baker, auteur du blog, pense ici à une femme PDG] chargé quelqu’un de s’occuper de modérer les commentaires ou de répondre aux grincheux. Peut-être que le blog circule en interne. C’est bien (même s’il faut s’attendre à des fuites à l’externe). L’idée, c’est que quelques PDG, Schwartz compris (ndla : Jonathan Schwartz est le CEO de Sun Microsystems et blogueur depuis juin 2004), réaliseront ce qui marche et ce qui ne marche pas. Cependant, la grande majorité des PDG (…) laisseront le bloguing à d’autres. »

Pour compléter la réponse de Stephen Baker de Business Week, je pense que cela dépend d’eux mais aussi et surtout de leur problématique de communication en tant que patron.

Voici donc les 3 questions que je propose déjà aux chefs d’entreprise de se poser avant de bloguer :

Le dialogue est-il la meilleure réponse à ma problématique de communication actuelle ?

Autrement dit, le blog peut servir à (ré)instaurer un dialogue entre le PDG et différentes parties prenantes. C’est pourquoi le blog est souvent un outil approprié pour les sociétés pour lesquelles le gap grandit entre ce qu’elles pensent être ou rechercher intrinsèquement et la représentation que s’en font ses « partenaires », clients, fournisseurs, actionnaires, etc. Le second type d’entreprises pour lesquelles le blog est particulièrement adapté est l’entreprise émergente qui a besoin de s’imposer à court terme soit sur un segment de marché déjà très occupé par de gros acteurs, soit sur une niche.

Ai-je une appétence particulière pour une prise de parole régulière, franche et directe ?

Le blog ne trouve sa place et son audience que si l’auteur y met de la sincérité. La démarche est donc beaucoup plus facile pour ceux chez qui elle est naturelle. Ainsi, Michel Edouard Leclerc prenait déjà des notes pour lui-même et intervenait sur des sujets de société avant même de bloguer. C’est sans doute aussi la raison pour laquelle il n’a besoin d’y consacrer qu’1/2 heure par jour aujourd’hui. Pour autant, sincérité n’empêche pas d’être aidé dans la modération des commentaires et éventuelles attaques.

Quel temps pour l’action, quel temps pour la communication ?

Il y a un temps pour tout et la question essentielle est celle de l’équilibre entre l’action et la communication autour de l’action. Chez un PDG plus que chez tout autre blogueur, le blog ne doit pas donner l’image d’un patron qui se souci plus de l’image qu’il donne de son action, que de l’action elle-même. C’est d’ailleurs bien ce que Dave taylor, à l’origine de cette polémique, semblait reprocher à Schwartz sur le fond : d’avoir mieux à faire.

PS : La question initiale avait en effet été soulevée par Dave Taylor qui exposait sur son blog pourquoi il pensait que Schwartz ne devrait pas bloguer. Dave y explique que l’ampleur de la tâche de Schwartz chez Sun Mycrosystems n’est pas compatible avec le temps nécessaire pour préparer ses posts, se battre avec les grincheux et s’assurer que cette forme de prise de parole soit à tout instant en accord avec les règles et la législation sur la confidentialité et les obligations des sociétés cotées. Bref, en gros, que Schwartz avait mieux à faire.

Stéphane Guerry



Le post plein d’espoir de la semaine : Le manifeste de l’économie solidaire de sinvestir.org
septembre 24, 2006, 5:06
Filed under: économie solidaire, espoir, la vie

Lu dans Le Monde daté de vendredi 22 septembre 2006, « dix propositions concrètes pour développer un « tiers-secteur» plein de promesses. Si chacun s’y met, on peut créer en abondance des emplois non délocalisables, des services à tous et du lien social. »

Les rédacteurs et signataires de cet appel interpellent en fait tous les acteurs pour développer une économie solidaire de proximité :

« 1. Citoyen, vivez solidaires. (…)

2. Salariés, épargnez solidaire. (…)

3. Etudiants, actifs, militants associatifs, devenez entrepreneurs solidaires. (…)

4. Collectivités publiques, achetez solidaire. (…)

5. Régions, contribuez au développement de l’économie solidaire. (…)

6. Départements, appuyez-vous sur l’économie solidaire pour employer des personnes en grande difficulté. (…)

7. Financiers, prenez des risques sur l’économie solidaire. (…)

8. Entreprises, coopérez avec l’économie solidaire. (…)

9. Syndicats, impliquez-vous dans l’économie solidaire. (…)

10. A l’Etat enfin de lancer un plan en faveur de l’économie solidaire et de le respecter. (…) »

« L’économie solidaire de proximité a l’ambition, non pas bien sûr de remplacer l’économie de marché, mais de s’attaquer aux problèmes des plus démunis et aux besoins individuels et collectifs délaissés par le marché et l’État. A travers cette solidarité active, nous voulons manifester notre résistance à la fatalité, et notre confiance dans le progrès social et la démocratie. (…) À nos concitoyens qui redoutent de perdre toute prise sur leur futur et sur l’avenir de leurs enfants, nous envoyons un message de confiance : l’économie solidaire est créatrice de nouveaux emplois et porteuse de grands espoirs. »

Intégralité du manifeste sur www.sinvestir.org et plus précisément ici en pdf.

Cette campagne nationale s’appuie également sur un « meeting grand public le 7 décembre prochain à la Mutualité à Paris ».

Pour commencer dès maintenant, voici Kiva, un site qui vous permet de prêter de l’argent directement à des entrepreneurs qui vous présentent leur projet et besoins en investissement. Le Peer 2 Peer du microcrédit (Source : l’excellent Springwise et Seth Godin)

Logo Kiva

PS : D’après Technorati et Feedster, personne ne se serait fait le relais de ce manifeste dans les blogs à ce jour.

PPS : De l’autre côté de l’atlantique, Bill Clinton a choisi une autre méthode pour changer le monde et la solidarité. L’ancien président a tenu la seconde édition de son propre sommet mercredi 20 septembre, la Clinton Global Initiative, sorte de Forum de Davos de l’humanitaire où les plus grands diplomates et fondations humanitaires du monde ont du prendre des engagements (contre la pauvreté, le sida, le réchauffement climatique et les conflits ethniques). Ceux qui ne tiennent pas leurs engagements ne sont pas réinvités.

PPPS : plus de liens sur le micro-prêt sur cette jolie page html 0.7

Stéphane Guerry