Cette histoire de 2.0 repose avant toute autre chose sur une maturité et une hiérarchie des usages que nous avait déjà expliquées Maslow avec sa pyramide des besoins : il faut remplir les besoins de bases avant de pouvoir passer à des comportements du niveau supérieur. Il se passe exactement la même chose sur Internet.
- Nous avons tous commencé par les deux usages de base : chercher de l’info (sur Altavista à l’époque, Google pour d’autres plus récemment) et commencer une correspondance (en se créant une « boîte mail » sur Hotmail ou Yahoo! Mail) premier signe d’une identité et d’une existence sur Internet.
- Une fois équipés à la maison, nous avons recherché la protection physique et morale : il nous a bien fallu nous protéger des virus et les enfants de certains contenus peu recommandés. Nous avons aussi appris à connaître Hoaxbuster qui nous expliquait pourquoi il ne fallait pas continuer à transférer à tout son carnet d’adresses le mail décrivant la situation de la petite Noëlie qui attendait notre sang ou de ces méchants distributeurs d’argent ou fauteuils de cinéma qui pouvaient soit disant nous refiler le sida en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (bon, pour ceux qui ne sont pas au courant, va falloir y aller d’urgence, ce site est l’un des meilleurs antidotes au stress et à la peur qui s’installe dans notre société, ça rend un grand service, ça évite de passer pour un
connaïf, et c’est gratuit)
- Une fois passée l’angoisse des premiers virus et chain letters, on a osé franchir le pas de la socialisation pour aller rechercher l’amour et conforter son appartenance, tout en apprenant également à estimer les autres : poser une question dans des forums, intervenir sur un chat, rester un contact toute la journée avec ses proches, amis (petits ou grands), collaborateurs toute la journée grâce aux messageries instantanée (ICQ -wouuaoo, ICQ, pfff, on reconnaît les vieux…-, puis Msn messenger, Yahoo! messenger et AOL instant messenger ). Plus rapide que l’email, moins dérangeant et beaucoup plus discret que le téléphone.
- Le dialogue maîtrisé, nous voilà pris d’un besoin d’estime, de prouver que l’on existe, que l’on sait quelque chose ! Et nous voilà en train de bloguer sur Typepad, Viablogga, Over-blog ou WordPress (pour ma part en tous cas) ou Skyblog pour les plus jeunes. Certains vont jusqu’à dire qu’ils en vivent, d’autres continuent à murmurer dans le vide numérique.
- Mais une fois découverts ces super pouvoirs, on ne peut s’arrêter là et on se surprend déjà à participer modestement à des œuvres collectives qui nous dépassent et dont on espère qu’elles nous survivront. Elles s’appellent Wikipedia, une encyclopédie universelle en ligne rédigée, corrigée, mise à jour et enrichie par les internautes eux-mêmes ou Agora Vox, qui propose à de vrais gens (oui, oui, et avec a priori positif sur le fait que vous êtes bien de vrais gens) pour devenir rédacteur.
La pyramide s’arrête là à ce jour mais je suis sûr que les potentialités en termes de mise en relation, de réseaux sociaux, de système de réputation, d’outils de mutualisation et de création, pourraient rapidement ajouter de nouveaux niveaux à la pyramide de Maslow. Vos suggestions sont les bienvenues. D’ailleurs, vous-même ? vous en êtes à quel niveau ?
En attendant, il s’agit donc bien d’une question de temps passé sur Internet et de maturité avec ce « média ».
Et voilà donc Maslow qui mange depuis déjà un bon moment à la table du 2.0. Il s’est resservi une bonne rasade, la boit le sourire aux lèvres. Et je crois qu’il a bien raison.
Pour continuer sur ce sujet, allez voir ailleurs :
Maslow & Branding: Wrap-Up par Jennifer Rice
Maslow Lives in a Web 2.0 World?
Brand Strategy in a Web 2.0 World
Hierarchy of IT needs par David Chaum retranscrite par Sandrine (ajouté le 12/09/06)
Et voir aussi :
L’Entrenet, le web 2.0 et sa dimension humaine, et professionnels à l’école du grand public
Stéphane Guerry



Le monde de la publicité découvre la communication. La communication consiste donc aussi à dialoguer, comme dans la vraie vie ! Elle repose sur un échange ! Il ne suffit donc pas d’envoyer un message vers des récepteurs finement et longuement étudiés par les études marketing et comportementales les plus sérieuses pour qu’ils l’écoutent, le prennent en compte et le répète autour d’eux !?